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Alimentation et running forment un duo impossible à séparer. Sur le terrain, beaucoup de coureurs pensent d’abord aux chaussures, à la montre GPS ou au plan d’entraînement. Pourtant, le contenu de l’assiette décide souvent de la qualité d’une sortie. Un repas trop lourd peut transformer un simple footing en calvaire digestif. Un manque de glucides peut couper les jambes au 14e kilomètre. Une récupération négligée peut laisser des courbatures trois jours de suite.
Que vous prépariez un premier 5 km, un 10 km entre amis, un semi-marathon, un marathon ou un trail, la logique reste la même : apporter le bon carburant au bon moment. L’objectif n’est pas de manger parfaitement, mais de manger utile. L’alimentation avant course sert à partir avec des réserves pleines et un ventre calme. L’alimentation après course aide à réparer les fibres musculaires, refaire les stocks d’énergie et repartir plus frais à la séance suivante. Camille, coureuse de niveau intermédiaire qui prépare son premier semi, servira de fil conducteur : ses erreurs, ses ajustements et ses progrès ressemblent à ceux de nombreux coureurs rencontrés sur les pistes, les routes et les chemins.
En bref
La nutrition running ne commence pas la veille d’une compétition. Elle se construit au quotidien, repas après repas. Un coureur qui mange trop peu, trop irrégulièrement ou avec des aliments très transformés finit souvent par le sentir : jambes lourdes, sommeil perturbé, blessures à répétition, baisse de motivation. Le corps encaisse l’entraînement seulement s’il reçoit assez d’énergie pour s’adapter.
Camille l’a compris après plusieurs semaines de préparation. Elle courait quatre fois par semaine, ajoutait du renforcement musculaire, mais sautait parfois le déjeuner par manque de temps. Résultat : une séance de fractionné ratée, puis une douleur au mollet. Le problème ne venait pas uniquement de son plan. Son corps manquait de disponibilité énergétique, c’est-à-dire d’énergie restante pour récupérer, réparer et progresser après avoir couvert les besoins vitaux.
Le coureur n’a pas besoin d’une alimentation compliquée. Il a besoin d’une base solide, régulière et adaptée à son volume d’entraînement. Les règles suivantes fonctionnent pour un débutant comme pour un marathonien confirmé, à condition de les ajuster aux distances et aux objectifs.
Les glucides représentent souvent 55 à 65 % des apports énergétiques chez le coureur d’endurance. Cela ne veut pas dire manger des pâtes à chaque repas sans réfléchir. Cela signifie placer intelligemment riz, avoine, pommes de terre, pain, quinoa, fruits, semoule ou pâtes autour des séances importantes. Les glucides remplissent les réserves de glycogène, ce stock d’énergie présent dans les muscles et le foie.
Les protéines jouent un autre rôle. Elles ne servent pas d’abord à courir plus vite, mais à réparer. Après une séance de côtes, une sortie longue ou un entraînement au seuil, les fibres musculaires ont subi des micro-lésions normales. Un apport de 1,4 à 1,8 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour convient à la plupart des coureurs réguliers. Pour un coureur de 70 kg, cela représente environ 98 à 126 g de protéines sur la journée.
Une assiette équilibrée peut être visualisée simplement : un tiers de féculents, un tiers de protéines, un tiers de légumes, avec une portion de bonnes graisses. Ce modèle marche très bien pour les journées calmes. Les jours de grosse séance, on augmente surtout la part de féculents ou de fruits. On ne double pas forcément les protéines, et on ne surcharge pas l’assiette en graisses juste avant l’effort.
Exemple concret : Camille pèse 60 kg et prépare un semi. La veille d’une sortie longue de 1 h 45, elle ajoute du riz au dîner et une compote en dessert. Le matin, elle prend deux tartines, une banane et un yaourt. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est efficace. Elle part avec plus d’énergie endurance, sans sensation de lourdeur.
| Type de journée | Objectif alimentaire | Exemple d’ajustement |
|---|---|---|
| Repos ou footing léger | Maintenir l’équilibre sans excès | Assiette classique avec légumes, protéines et portion modérée de féculents |
| Fractionné ou séance au seuil | Disponibilité rapide en énergie | Ajouter pain, riz, banane ou flocons d’avoine avant et après |
| Sortie longue | Remplir les réserves et limiter la fatigue | Augmenter les glucides la veille et prévoir une collation digeste |
| Compétition longue | Optimiser glycogène, hydratation et confort digestif | Réduire fibres et graisses, choisir des aliments déjà testés |
Cette base nutritionnelle compte autant que le matériel. Une chaussure mal choisie peut gêner la foulée, mais une assiette trop pauvre peut bloquer toute progression. Pour compléter votre préparation globale, il peut être utile de consulter un guide sur le choix de son équipement de running selon son profil, car alimentation, confort et régularité avancent ensemble. La meilleure stratégie reste celle que vous pouvez répéter semaine après semaine.

L’alimentation avant course répond à trois objectifs précis : remplir les réserves de glycogène, éviter les troubles digestifs et assurer un bon niveau d’hydratation. Ce dernier repas n’est pas là pour compenser une semaine désorganisée. Il sert à finaliser la préparation. Un coureur qui mange trop gras ou trop fibreux juste avant le départ risque de payer l’addition au bout de quelques kilomètres.
Sur une course populaire, on voit souvent les mêmes erreurs. Certains avalent un énorme petit-déjeuner parce qu’ils ont peur de manquer d’énergie. D’autres partent presque à jeun sur un 20 km, convaincus qu’ils vont “taper dans les graisses”. Dans les deux cas, le corps n’est pas mis dans les meilleures conditions. La clé se trouve dans le timing et la digestibilité.
Pour une compétition ou une grosse séance, le dernier vrai repas doit idéalement être terminé trois à quatre heures avant le départ. Cela laisse le temps à l’estomac de travailler. Si le départ est tôt, une collation plus légère une heure trente à deux heures avant peut suffire, surtout pour un 5 km ou un footing court.
Le repas pré-entraînement doit contenir principalement des glucides faciles à digérer. Riz blanc, pain, pâtes blanches, semoule, patate douce, banane, compote ou muesli simple sont de bons choix. Les protéines maigres peuvent compléter : œufs, poulet, poisson blanc, yaourt selon la tolérance. Les graisses et fibres doivent rester modérées, car elles ralentissent la digestion.
Camille avait l’habitude de manger un grand bol de céréales complètes avec graines, fruits secs et lait juste avant ses sorties longues. Sur le papier, c’était sain. Sur la route, c’était compliqué : ballonnements et points de côté. Elle a remplacé ce repas par du pain légèrement grillé, du miel, une banane et un yaourt nature. Sa digestion s’est calmée dès la première semaine.
Un bon repas d’avant-course doit être simple. Il doit aussi contenir des aliments que vous aimez. Le stress du départ suffit déjà à accélérer le transit chez certains coureurs. Inutile d’ajouter une recette exotique jamais testée. La règle de terrain est claire : on ne découvre rien le jour J.
Pour un footing matinal de 30 à 45 minutes, une banane ou une compote peut suffire. Pour une séance intense, comme 8 fois 800 mètres ou une sortie de deux heures, il vaut mieux prévoir un vrai apport énergétique. Courir à jeun peut avoir une place ponctuelle dans un programme, mais ce n’est pas une stratégie à répéter sur les entraînements exigeants.
La caféine mérite aussi un mot. Un café avant de courir peut améliorer la vigilance et donner un petit coup de pouce. Chez certains, elle provoque au contraire des urgences digestives. Là encore, le test à l’entraînement décide. Si vous devez chercher des toilettes après chaque espresso, ce n’est pas un allié le jour d’un semi-marathon.
Les aliments riches en fibres sont excellents au quotidien, mais pas toujours avant une course. Lentilles, pois chiches, céréales complètes, crudités en grande quantité ou choux peuvent fermenter et créer de l’inconfort. Les plats très gras posent un autre problème : ils restent longtemps dans l’estomac. Pizza, fritures, sauces lourdes ou charcuterie la veille d’un objectif ne sont pas les meilleurs partenaires de performance.
L’alcool est également à limiter. Même en petite quantité, il perturbe l’hydratation, le sommeil et la récupération. Un verre partagé dans un contexte convivial ne ruine pas une préparation, mais la veille d’un objectif, mieux vaut choisir la simplicité. Les coureurs expérimentés le savent : la performance se gagne souvent dans les détails invisibles.
Avant la prochaine étape, retenez ceci : manger avant de courir n’est pas une question de quantité maximale, mais de carburant disponible sans gêne digestive.
Pendant les efforts de moins d’une heure, il n’est généralement pas nécessaire de manger. Les réserves disponibles suffisent, surtout si le dernier repas était adapté. Pour un 5 km ou un 10 km, l’essentiel est d’arriver bien hydraté et de ne pas se présenter avec l’estomac plein. Une gorgée d’eau peut aider par forte chaleur, mais le ravitaillement solide n’a pas d’intérêt pour la majorité des coureurs.
Les choses changent dès que l’effort dépasse 1 h 15 à 1 h 30. Les réserves de glycogène diminuent, le cerveau perçoit davantage la fatigue et la foulée se dégrade. C’est là que les glucides course prennent tout leur sens. Ils permettent de maintenir l’intensité, de retarder le coup de mou et de mieux finir. Sur marathon, une stratégie mal préparée peut faire la différence entre une fin maîtrisée et le fameux mur.
Pour un effort entre 1 h 30 et 2 h 30, viser 30 à 60 g de glucides par heure est une base solide. Cela peut correspondre à un gel toutes les 35 à 45 minutes, une boisson énergétique bien dosée ou une compote adaptée. Pour les coureurs entraînés sur marathon ou ultra, les apports peuvent monter plus haut, parfois jusqu’à 90 g par heure, voire davantage chez des athlètes habitués. Mais cette tolérance se travaille.
Camille a découvert ce point lors d’une sortie longue. Elle avait pris un gel au 15e kilomètre, sans eau, à une allure déjà élevée. Résultat : nausée et ralentissement. La semaine suivante, elle a testé une prise plus progressive : quelques gorgées de boisson énergétique toutes les 15 minutes, puis un gel avec de l’eau. Le confort a été nettement meilleur. Le système digestif s’entraîne presque comme les jambes.
| Distance ou durée | Besoin pendant l’effort | Stratégie pratique |
|---|---|---|
| 5 km à 10 km | Aucun apport nécessaire dans la plupart des cas | Eau si chaleur, éventuellement rinçage de bouche sucré |
| Semi-marathon moins de 1 h 30 | Apport facultatif selon niveau et météo | Boisson ou gel si testé et bien toléré |
| Semi-marathon plus de 1 h 30 | 30 à 60 g de glucides par heure | Gel, boisson énergétique ou compote sportive |
| Marathon | 30 à 90 g par heure selon entraînement digestif | Plan précis dès les premiers kilomètres |
| Trail long ou ultra | Glucides, sodium et parfois aliments solides | Alterner sucré, salé, liquide et solide |
Les aliments sportifs ont l’avantage d’être pratiques. Un gel tient dans une poche, une boisson apporte eau et énergie en même temps, une compote passe souvent mieux quand l’estomac se ferme. Le choix dépend de votre tolérance, de votre allure, de la météo et de l’accès aux ravitaillements. Sur route, les gels dominent. En trail, les aliments solides reprennent de l’importance, surtout au-delà de trois heures.
Une bonne boisson énergétique doit être suffisamment concentrée pour apporter des glucides, mais pas trop pour ne pas rester sur l’estomac. En conditions chaudes, il faut boire davantage, ce qui peut imposer une boisson moins concentrée. En conditions fraîches, on boit parfois trop peu, et les gels sans eau deviennent plus difficiles à digérer. Le coureur doit donc adapter sa stratégie à la réalité du terrain.
Le rinçage de bouche avec une boisson sucrée peut aussi aider sur les efforts courts et intenses. Le principe est simple : garder une gorgée en bouche quelques secondes avant d’avaler ou de recracher. Les récepteurs présents dans la bouche signalent au cerveau l’arrivée potentielle d’énergie. L’effet reste modeste, mais sur un 10 km, 1 à 2 % de performance peuvent compter pour battre un record personnel.
En trail, la nutrition devient plus stratégique encore. Le dénivelé, les descentes, les variations d’allure et la durée compliquent la digestion. Un coureur peut tolérer un gel sur route et ne plus le supporter après quatre heures en montagne. C’est pourquoi l’alternance est précieuse : banane, riz, bouillon, purée, boisson énergétique, barres moelleuses, petites pommes de terre salées.
Le sodium prend également de l’importance. Lors d’un effort long, surtout par temps chaud, la transpiration entraîne une perte d’eau et de sels minéraux. Un apport autour de 300 à 500 mg de sodium par litre peut aider à maintenir l’équilibre hydrique. Ce n’est pas une invitation à surdoser, mais un rappel : l’eau seule ne suffit pas toujours sur les longues durées.
La règle la plus fiable reste celle-ci : tout ravitaillement prévu en course doit avoir été validé à l’entraînement. Votre ventre doit connaître votre plan avant votre dossard.

L’hydratation course est souvent réduite à une phrase : “il faut boire beaucoup”. C’est trop vague, et parfois contre-productif. Le bon objectif n’est pas de se remplir d’eau, mais de limiter les pertes excessives tout en conservant un bon confort digestif. Une déshydratation légère, autour de 1 à 2 % du poids corporel, peut déjà dégrader les sensations, l’allure et la récupération.
Boire se planifie en trois temps. Avant l’effort, on arrive déjà hydraté. Pendant, on compense selon la durée, la température et la transpiration. Après, on restaure l’équilibre. Camille pensait ne pas transpirer beaucoup parce que ses vêtements restaient assez secs en hiver. Lors d’une sortie longue avec pesée avant et après, elle a découvert une perte de 900 g. Même par temps frais, l’eau s’échappe.
Dans les quatre heures précédant une course, boire environ 350 à 500 ml d’eau est une base raisonnable. Trente minutes avant le départ, une petite prise de 150 à 200 ml peut compléter. Il ne sert à rien d’avaler un litre juste avant de se placer dans le sas. Vous risquez surtout d’avoir envie d’uriner au mauvais moment.
La couleur des urines donne un repère simple, même s’il n’est pas parfait. Une couleur très foncée signale souvent un manque d’apport hydrique. Une transparence totale permanente peut indiquer que vous buvez trop. Le coureur cherche un équilibre, pas une obsession. Les habitudes de la veille comptent aussi : un dîner très salé, un trajet long ou une mauvaise nuit peuvent modifier les sensations.
Pour les sorties de moins d’une heure à intensité modérée, l’eau n’est pas toujours nécessaire, sauf chaleur importante. Au-delà, une prise régulière devient utile. Un repère courant consiste à viser 150 à 250 ml toutes les 20 minutes, soit environ 400 à 800 ml par heure. Ce chiffre doit être personnalisé, car deux coureurs de même niveau peuvent transpirer très différemment.
La météo change tout. Sur un semi couru à 8 degrés, vous pouvez boire peu. Sur le même semi à 24 degrés, avec du soleil et du vent, le plan doit évoluer. La transpiration augmente, les pertes en sodium aussi, et l’effort cardiovasculaire grimpe. Dans ce contexte, une boisson contenant glucides et électrolytes peut être plus efficace que l’eau seule.
Attention toutefois à l’excès. Boire énormément sans apport de sodium sur un effort long peut diluer le sodium sanguin et créer une situation dangereuse. Ce cas reste rare, mais il rappelle que l’hydratation se réfléchit. Les coureurs les plus exposés sont parfois ceux qui avancent lentement pendant très longtemps et boivent à chaque ravitaillement par peur de manquer.
Après l’effort, une règle pratique consiste à boire environ 1,5 litre par kilo de poids perdu. Si Camille perd 800 g pendant une sortie longue, elle vise environ 1,2 litre dans les heures qui suivent, réparti progressivement. Ajouter une pincée de sel dans un repas, consommer une soupe, une eau minérale adaptée ou une boisson de récupération peut aider.
La réhydratation ne se limite pas à la bouteille. Les fruits, les légumes, les laitages, les potages et les smoothies apportent aussi de l’eau. Un bol de soupe avec du pain, un yaourt et un fruit peut parfois faire mieux qu’un grand volume d’eau avalé trop vite. Le corps absorbe mieux quand les apports sont réguliers.
Pour progresser, il est utile d’associer nutrition, hydratation et confort matériel. Une ceinture qui comprime le ventre ou un sac mal réglé peut gêner la prise de boisson. Là aussi, le choix du matériel compte ; un dossier sur l’équipement adapté à son profil de coureur peut aider à éviter ces petits freins qui deviennent grands sur les longues distances.
Boire correctement, ce n’est donc pas suivre une mode. C’est permettre au moteur de rester stable, surtout quand la route s’allonge.
L’alimentation après course commence dès l’arrêt de l’effort. Beaucoup de coureurs terminent leur séance, regardent leur montre, partagent leur activité, puis oublient de manger pendant trois heures. C’est dommage, car la fenêtre qui suit l’entraînement est favorable à la récupération. Les muscles sont plus réceptifs aux glucides, et les besoins en réparation augmentent.
Après une sortie facile, l’urgence est modérée. Après une séance intense, une sortie longue, une compétition ou deux entraînements rapprochés, le repas post-entraînement devient prioritaire. Il doit apporter des glucides pour refaire les stocks, des protéines pour réparer, de l’eau pour réhydrater et des micronutriments pour soutenir l’adaptation.
Si le prochain repas est prévu rapidement, il n’est pas obligatoire de prendre une collation. Mais si vous savez que vous ne mangerez pas avant deux heures, prévoyez quelque chose. Un lait chocolaté, un smoothie avec banane et yaourt, une tartine de pain avec fromage frais, une compote et quelques noix, ou un bol de fromage blanc avec miel font très bien l’affaire.
Les protéines récupération doivent être présentes sans excès. Une dose de 20 à 30 g après une séance exigeante convient à beaucoup de coureurs. Cela peut correspondre à trois œufs, un bol de skyr, une portion de poulet, du tofu, du poisson ou une boisson protéinée si le contexte l’impose. La poudre n’est pas magique ; elle est seulement pratique.
Camille travaille souvent après ses entraînements du midi. Avant, elle enchaînait douche, réunion et café. À 16 heures, elle avait faim, mal à la tête et envie de sucre. Elle a ajouté une collation préparée la veille : yaourt grec, banane, flocons d’avoine et sirop d’érable. Ses après-midis sont devenus plus stables, et ses séances du lendemain moins lourdes.
Dans les deux heures suivant l’effort, un repas complet doit reprendre les bases : féculents, protéines, légumes et bonnes graisses. Après une sortie longue, la portion de féculents augmente. Après un footing court, elle reste normale. L’objectif n’est pas de “mériter” de manger, mais de donner au corps ce dont il a besoin.
Les fruits rouges, agrumes, légumes colorés, herbes aromatiques et épices douces apportent des antioxydants utiles. Il n’est pas nécessaire de prendre des compléments antioxydants à haute dose. Les apports alimentaires naturels suffisent dans la plupart des cas, et les doses élevées de vitamine C ou E peuvent parfois perturber les adaptations recherchées à l’entraînement.
Après un marathon ou un trail exigeant, la récupération ne se règle pas avec un seul repas. Il faut plusieurs jours. Les stocks énergétiques doivent être reconstitués, les fibres musculaires réparées, le système nerveux apaisé. Pendant 5 à 7 jours, mieux vaut garder une alimentation généreuse, variée et digeste, plutôt que de se restreindre brutalement.
Le repas plaisir a aussi sa place. Après un marathon réussi, partager une pizza ou un dessert avec ses proches n’est pas un problème. Le souci apparaît quand toute la semaine devient une succession d’excès pauvres en nutriments, ou au contraire quand le coureur culpabilise et mange trop peu. Le corps a besoin de réparation, pas de punition.
Retenez cette idée : la récupération est un entraînement invisible. Ceux qui la respectent peuvent enchaîner les semaines avec plus de régularité.

Un 5 km, un semi, un marathon et un ultra ne demandent pas la même stratégie. Pourtant, beaucoup de coureurs utilisent le même petit-déjeuner, la même gourde et le même gel quelle que soit l’épreuve. C’est une erreur fréquente. La nutrition doit suivre la durée, l’intensité, le niveau d’entraînement et la tolérance digestive.
Sur 5 km ou 10 km, la priorité est la légèreté. Inutile de faire une charge glucidique massive. La veille, on évite surtout les excès de fibres et de graisses. Le dernier repas peut apporter 1 à 2 g de glucides par kilo de poids corporel, terminé deux à trois heures avant. Pendant la course, rien n’est nécessaire dans la plupart des cas.
Le semi-marathon marque une frontière. Un coureur qui termine en moins de 1 h 30 peut souvent se passer d’apport solide, surtout s’il a bien mangé avant. Au-delà, prévoir 30 à 60 g de glucides par heure devient intéressant. Une boisson énergétique ou un gel pris au bon moment peut éviter la baisse de régime dans les derniers kilomètres.
Le marathon demande une préparation plus stricte. De J-7 à J-3, l’alimentation reste équilibrée. De J-3 à J-1, on augmente les glucides, souvent autour de 7 à 10 g par kilo et par jour selon le gabarit, l’expérience et la tolérance. Les fibres diminuent pour limiter les risques digestifs. Le jour J, le petit-déjeuner est pris trois à quatre heures avant, puis le plan de ravitaillement démarre tôt, avant la sensation de panne.
Le fameux mur du marathon n’est pas une légende. Il correspond souvent à une forte diminution des réserves de glycogène, associée à une fatigue musculaire et mentale. Une allure trop ambitieuse accélère le phénomène. Une stratégie nutritionnelle cohérente ne garantit pas la réussite, mais elle donne une vraie marge de sécurité.
La course à pied peut aider à perdre du poids, mais la restriction excessive est l’ennemie du coureur. Un déficit de 300 à 500 kcal par jour suffit souvent. Aller plus loin augmente le risque de fatigue, de fringales, de blessures et de perte musculaire. Le but n’est pas de manger le moins possible, mais de créer un léger déficit durable.
Les protéines doivent être renforcées, autour de 1,6 à 2 g par kilo et par jour, pour préserver la masse musculaire. Les glucides ne doivent pas disparaître, surtout les jours de séance longue ou intense. Un coureur qui retire tous les féculents et tente du fractionné manque vite de puissance. Les graisses ont aussi leur rôle, notamment pour les hormones et la satiété.
Un rythme de perte d’environ 0,5 kg par semaine est déjà solide. Camille voulait perdre trois kilos avant son semi. Au lieu de supprimer le dîner, elle a réduit les grignotages, augmenté les légumes, gardé les féculents autour des séances et ajouté deux courtes séances de renforcement. Elle a perdu progressivement, sans perdre son allure.
La plupart des coureurs n’ont pas besoin d’une armoire pleine de compléments. Une alimentation équilibrée couvre déjà beaucoup de besoins. Certains éléments méritent toutefois une attention. Le fer, notamment chez les femmes et les coureurs fatigués, doit être contrôlé par prise de sang avant toute supplémentation. La vitamine D peut être pertinente en cas de déficit, surtout en période peu ensoleillée.
Les oméga-3 peuvent soutenir l’équilibre inflammatoire, le magnésium aider en période de stress ou de crampes, le collagène être envisagé dans certains contextes tendineux ou articulaires. La caféine, bien utilisée, peut améliorer la performance d’environ 1 à 3 %, mais elle doit être testée et dosée. Plus n’est pas mieux.
Le régime très pauvre en glucides attire certains coureurs. Il peut fonctionner pour des footings lents, mais il limite généralement les performances dès que l’intensité monte. Les données actuelles en endurance confirment que les glucides restent essentiels pour courir vite et longtemps. Les graisses fournissent beaucoup d’énergie, mais pas avec la même rapidité quand l’allure devient exigeante.
La meilleure stratégie nutritionnelle est donc personnalisée. Elle respecte votre distance, votre digestion, votre emploi du temps et votre objectif. Ce n’est pas la plus spectaculaire qui gagne, mais celle que vous pouvez appliquer sans stress.
Oui, surtout si la séance est longue ou intense. Pour un footing facile de 30 à 45 minutes, une banane, une compote ou quelques tartines peuvent suffire. Pour une séance de fractionné ou une sortie longue, prenez un vrai petit-déjeuner 1 h 30 à 2 h avant, avec des glucides digestes et un peu de protéines.
Le plus efficace est d’associer glucides, protéines et hydratation. Un exemple simple : riz ou pâtes, poisson ou œufs, légumes cuits, fruit et eau. Si le repas est éloigné, prenez une collation rapide comme un smoothie banane-yaourt, du lait chocolaté ou du fromage blanc avec du miel.
Non, ils ne sont pas indispensables pour les efforts courts. Ils deviennent utiles sur semi-marathon long, marathon, trail ou sortie dépassant 1 h 30. Ils doivent toujours être testés à l’entraînement, avec de l’eau, pour vérifier la tolérance digestive.
Un repère pratique se situe entre 400 et 800 ml par heure, selon la chaleur, l’intensité et votre transpiration. Sur les efforts de plus de deux heures ou par forte chaleur, une boisson avec sodium et glucides peut être plus adaptée que l’eau seule.
Oui, à condition de viser un déficit modéré et de conserver les glucides autour des séances importantes. Augmentez les protéines, gardez des repas complets et évitez de courir à jeun sur les entraînements difficiles. Une perte progressive est plus efficace et plus sûre qu’une restriction brutale.